Vous vous sentez occupé et vous le faites savoir à qui veut l’entendre. Vous dites que vous avez de nombreuses priorités et de nombreux projets sur lesquels vous essayez de travailler simultanément. Mais malgré tous vos efforts, vos projets n’avancent pas aussi vite que vous le souhaiteriez. Vous avez entendu parler de cette méthode de travail qui consiste à ne vous concentrer que sur un nombre restreint de projets. A choisir vos priorités et à mettre le reste en pause pour avoir des résultats concrets. Néanmoins, vous êtes ambitieux et vous préférez vous dire que vous avez les capacités d’être multitâche ou multipotentiel.

La situation peut être encore plus désagréable lorsque ce conseil vient d’une personne qui semble visiblement impliquée dans divers projets. Pourquoi écouter les conseils d’un Grand Maître qui bosse sur plusieurs projets, lorsqu’il vous dit de vous concentrer sur quelques-uns ? Les débutants et les personnes au bord du burnout se posent tout le temps la question.

Notre attention

Notre attention est sans cesse sollicitée par nos besoins, nos envies, nos engagements et toutes ces choses qu’on souhaite accomplir. Ne parlons pas de la guerre que Facebook, TikTok et Snap se livrent pour capter et retenir notre attention.

Cet éparpillement de notre esprit nous conduit à nous sentir partout et nulle part à la fois. Au final, nous sommes certes engagés sur plusieurs fronts, mais nous avons l’impression de n’être à la hauteur sur presque rien.

De surcroît, les conseils qu’on reçoit semblent contradictoires. Un coup, on nous dit que si nous ne sommes pas épuisés, c’est que nous ne travaillons pas assez. Un autre coup, c’est qu’on devrait se ménager et ne faire que le strict nécessaire. Trouver un équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée, sans préciser ce que ça signifie. On nous dit que prendre soin de notre santé mentale est prioritaire et qu’on devrait dormir 8 heures par nuit. Et à côté, un influenceur nous dit avec insistance que si on dort, notre vie dort.

Le principal résultat de cette dispersion de notre énergie est que nous ne produisons que des résultats superficiels. Des travaux légers, qu’on peut facilement reproduire. Au fond, des résultats qui n’apportent pas vraiment de valeur puisque presque n’importe qui peut produire le même résultat sans fournir d’effort particulier.

Dans notre cœur, nous voulons avoir de l’impact (en réalité, je ne sais même plus ce que ça veut dire en 2026, tellement tout le monde emploie ce mot pour « faire genre »). Vous constatez que les progrès dans vos différents projets sont minimes. De micro-avancées çà et là, sans réel changement significatif.

Vous produisez du vrac au lieu de viser l’excellence.

Ce n’est pas intentionnel, vous vous dites. Mais vous ne prenez plus le temps de faire les choses. Quoi de plus normal dans ce cas que d’avoir des résultats médiocres ? Le pire, c’est que dans votre esprit, vous pouvez arriver à conclure que si vous êtes occupé tous les jours sans exception, alors c’est que vous faites ce que vous devez faire.

Comment produire un travail d’exception ?

C’est la question qu’on devrait se poser. Comment produire quelque chose d’une qualité rare ? Comment avancer à grands pas dans nos projets ?

Votre travail sera exceptionnel lorsqu’il sera difficile à reproduire.

Prenez une de vos compétences. Demandez-vous combien de temps vous avez pris pour l’acquérir. 3 heures, 3 jours, 3 semaines ou 3 mois ? Considérez que c’est la distance qui vous sépare de quelqu’un qui vient de démarrer et qui souhaite l’avoir. Pourquoi se vanter avec quelque chose qui prendra 1 h à avoir par n’importe qui ? Le travail superficiel ne produit que des résultats faciles à copier et à reproduire.

C’est quoi le travail en profondeur ?

C’est un super-pouvoir que vous aviez lorsque vous étiez tout jeune. Au lycée ou à l’université, on avait l’habitude de l’appeler un « stage bloqué ». Vous le faisiez pour préparer un examen, écrire votre mémoire ou pour rattraper un retard que vous aviez accumulé dans une matière.

Vous mettiez tout entre parenthèses. Divertissement compris. Vous préveniez votre entourage qu’à cause de votre objectif, vous alliez disparaître pendant 3 ou 4 semaines pour accomplir votre mission avec succès. Vous demandiez de l’aide si vous en aviez besoin ou alors l’indulgence de votre partenaire amoureux.

Le travail en profondeur désigne des activités menées dans un état de concentration sans distraction qui poussent vos capacités jusqu’à leurs limites. C’est un stage bloqué sur une seule activité que vous faites progresser parce que vous en faites la seule priorité. Vous créez l’espace et le temps nécessaires. Vous avez déjà constaté que lorsque vous arrivez à vous mettre dans cet état, vos capacités semblent décupler. Vos réflexions sont plus profondes, vous trouvez de nouvelles solutions et vous avancez. Votre exécution est quasi impeccable.

Pour y voir plus clair sur vos priorités :
Comment déterminer ses priorités et s’y tenir

Le principal bénéfice, c’est que vous faites plus de progrès en 3 semaines que durant les 6 derniers mois. Vous aviez du retard en physique ? Disparu. Vous étiez à la traîne sur votre mémoire ? Envolé. Vous semblez ne pas comprendre ce projet, mais vous voyez les choses autrement depuis que vous vous y êtes penché plus sérieusement. Vos progrès sont importants. Vous arrivez à comprendre même les sujets qui vous semblaient être les plus inaccessibles.

Mais voilà, vous avez grandi. Vous n’êtes plus l’étudiant que vous avez été. Votre conjoint, vos enfants, votre travail et vos projets vous absorbe. Vous ne pouvez plus vous permettre ce genre de choses. Simplement parce que vous n’avez plus le luxe de faire un stage bloqué.

Vous pouvez retrouver cette compétence même aujourd’hui

La capacité à maîtriser rapidement des choses complexes et à produire des résultats de haute qualité est cruciale. Or, nous vivons bombardé par des distractions permanentes. Des tâches qui demandaient 4 h de travail en profondeur prennent aujourd’hui des semaines. Non pas parce que la tâche demande plus de temps aujourd’hui, mais bien parce que personne n’arrive plus à se concentrer pendant 4 h. Notre attention est tellement fragmentée qu’il nous reste deux options:

  1. Soit travailler 5 minutes par jour, ce qui prendra plusieurs semaines.
  2. Ou bâcler le travail en 15 minutes et espérer qu’on s’en contente.

Si vous ne pouvez pas “disparaître” pendant 3 semaines, vous pouvez vous contenter de quelques heures par jour. Vous prenez un projet et vous vous y consacrez pendant 4 h. Sans distraction, une immersion totale dans ce que vous êtes en train de faire. Plus la durée sera significative, plus les résultats seront excellents. Notre cerveau met en moyenne 15 à 20 minutes pour atteindre un état de concentration profonde après une interruption. Les séances d’une heure ou plus sont donc les plus efficaces.

Les autres astuces que vous pouvez mettre en pratique sont : 

  • Planifier des blocs de 90 minutes dans votre calendrier dédiés uniquement à une tâche prioritaire, sans interruption.
  • Ayez un lieu précis pour vos séances ou un signal (comme mettre des écouteurs et jouer une musique de travail).
  • Éviter les résidus d’attention. Cela de produit par exemple lorsque vous passez rapidement d’un e-mail à un dossier complexe. Une partie de votre attention reste fixée sur l’e-mail, ce qui réduit votre performance sur le dossier.

Il faut garder à l’esprit que vous devez démarrer progressivement. Commencez par essayer de vous immerger pendant 1h au début. Et ensuite pour augmenterez progressivement la durée pour atteindre 4h. Si vous avez la possibilité de vous forcer à faire des stages bloqués, profitez en.

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