En 2011, lorsque j’étais chef de service (CEA2) à la Cellule SIGIPES du MINEFOP, mon supérieur hiérarchique me fatiguait. Aussi bien physiquement que mentalement et émotionnellement. Je ne pense pas que c’était son intention, mais toujours est-il que lorsque je pensais à lui ou à la future conversation que nous allions avoir, je sentais mon corps se vider de son énergie.
Le mec pouvait m’appeler 30 fois par jour dans son bureau. En plus, il me demandait toutes les 15 minutes ce que j’étais en train de faire, alors que j’étais sur le dossier qu’il m’avait confié juste 10 minutes plus tôt. Il oubliait lui-même les instructions qu’il m’avait données. De surcroit, il arrivait aussi qu’il se contredise et donne des instructions contradictoires. En dépit de mes efforts pour le suivre dans ses orientations, la situation ne s’arrêtait pas là. Il était en plus de très mauvaise foi, malgré ses apparences d’homme vertueux.
Lorsqu’une de ses connaissances venait lui rendre visite, il allait m’interrompre pour me présenter à son visiteur. En effet, il allait se servir de moi pour lui montrer son pouvoir, en me demandant par exemple de lui expliquer un dossier qu’il connaissait pourtant parfaitement. Par conséquent, il me redonnait des instructions rien que pour montrer qu’il était le boss. Si le visiteur en question était une femme, j’allais passer un sale quart d’heure.
Mon Directeur me donnait l’impression de ne pas vouloir que quelqu’un soit heureux dans ses 5 mètres 50. Bien que le devoir me commandait de faire ce qu’il demandait, les réunions avec lui étaient tendues. J’avais l’impression de vouloir que quelqu’un ou quelque chose abrège mes souffrances. Hélas, je n’avais pas toujours cette chance. De ce fait, je rentrais du travail épuisé presque tous les jours. Non pas parce que j’avais beaucoup de choses à faire. Non. J’adorais mon travail et c’était un plaisir pour moi d’optimiser le système de gestion des carrières, pour la plus grande joie de mes 2 500 collègues (dans toutes les dix régions). C’était plutôt parce qu’il m’épuisait littéralement.
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C’est quoi une personne épuisante ?
Une personne épuisante est une personne dont les interactions répétées entraînent une sensation de fatigue émotionnelle, mentale et parfois même physique chez les autres. Cette fatigue ne résulte pas nécessairement d’une intention malveillante, mais plutôt de schémas de comportement spécifiques.
Voici quelques traits psychologiques qui caractérisent ces personnes :
- Un besoin constant d’attention. Ce type de personne ramène tout à ses besoins. Le manque d’attention de quelques minutes peut se transformer en crise émotionnelle chez elle.
- Une dramatisation excessive. Les personnes épuisantes amplifient systématiquement les problèmes, créant un climat de tension permanente.
- Une dépendance affective. Elles cherchent constamment la validation et le soutien des autres, sans jamais être satisfaites, malgré tous les efforts pour les contenter.
Si seulement ces traits psychologiques pouvaient se limiter au plan émotionnel, mais non. Il y a de nombreuses variantes de personnes épuisantes. Certaines font preuve de négativisme chronique. Voici d’autres traits de caractère qu’elles peuvent avoir :
- Un pessimisme constant. Ce genre de personnes voit le négatif dans chaque situation, sapant l’optimisme et l’enthousiasme des autres. Le genre de personnes qui cassent systématiquement l’ambiance.
- Des critiques incessantes. Les personnes épuisantes trouvent toujours à redire, dévalorisant les efforts et les réussites des autres. On retrouve ce type de personnes dans les familles avec des personnes malveillantes.
- Une attitude de victimisation constante. Elles se considèrent toujours comme les victimes de l’histoire, rejetant la responsabilité de leurs problèmes sur les autres.
On peut aussi détecter un manque d’empathie chez ces personnes. En effet, elles ne comprennent pas les émotions et les besoins des autres. Elles ne respectent pas les limites personnelles et empiètent sur l’espace émotionnel de leurs proches sans scrupule. Elles sont susceptibles de se servir des gens pour satisfaire leurs propres besoins, sans se soucier des conséquences sur leurs victimes. Vous pouvez aussi remarquer cette manière qu’elles ont d’exprimer leur mécontentement de manière détournée, par des remarques sarcastiques ou des silences pesants. La liste est longue, mais je pense que vous avez cerné le type de personnage.
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Un des principes de base pour vivre épanoui
L’un des principes de base d’une existence épanouie est de comprendre que les bénéfices qu’on obtient en quittant quelque chose de négatif sont toujours plus grands que ceux qu’on obtient en adoptant quelque chose de positif. Les bienfaits sur votre corps en arrêtant la cigarette seront toujours plus bénéfiques que si vous vous mettez au sport tout en continuant de fumer. Vous devez traiter les personnes épuisantes de votre entourage avec le même raisonnement.
Que ce soit un membre de votre famille proche, un collègue ou une connaissance, vous devez vous en débarrasser. Rien ne vaut plus à leurs yeux que le plaisir que ces personnes tirent de leur attitude. Elles ne changeront pas. Elles continueront de vous tourmenter si vous les laissez faire. Vous êtes leur souffre-douleur, la personne sur qui elles passent leurs frustrations, leurs malchances et leur malheur.
Comment faire pour s’en débarrasser
Identifiez-les tous
Prenez quelques minutes après la lecture de cet article. Identifiez toutes les personnes qui sont mauvaises avec vous, sans exception. Ne vous laissez pas attendrir par la proximité que vous avez avec cette personne. Toutes les personnes qui vous font vous sentir misérable. Qui vous font voir la vie en noir, qui sont négatives, pessimistes. Qui disent des phrases comme « l’homme est mauvais » ou que « les femmes sont toutes matérialistes ». Identifiez-les tous. J’avais mis mon supérieur de cette époque au tout début de ma liste. En effet, c’était clair comme de l’eau de roche qu’il était l’une des personnes qui me rendait le plus malheureux.
Éloignez-vous d’eux comme de la peste
Oui, fuyez-les littéralement : physiquement et émotionnellement. Évitez par tous les moyens de les rencontrer. Faites des efforts pour cela s’il le faut. Que ce ne soient que des situations de force majeure qui vous obligent à les voir. Et même dans ce cas, abrégez les conversations et les interactions. Dites-leur que vous devez aller aux toilettes en urgence. Ne faites pas le fier, fuyez par tous les moyens.
Supprimez leurs numéros de téléphone
Oui, supprimez leurs numéros. Si vous ne pouvez pas le faire immédiatement, ne décrochez pas leurs appels. Surtout lorsque vous sentez que la personne épuisante à l’autre bout du fil vous appelle pour déverser son amertume sur vous. Laissez sonner. Prétextez que vous étiez occupé. D’ailleurs, vous l’étiez, vous avez plein d’autres choses joyeuses à faire. Rappelez une heure plus tard. Simulez un problème de réseau pour couper la conversation si vous sentez qu’elle assombrit votre mental.
Fixez des limites claires
Les deux points précédents peuvent être difficiles à mettre en œuvre. Surtout si vous n’êtes pas quelqu’un de brave. Cela peut se comprendre. À défaut, dites-leur de manière directe ou même écrite qu’elles vous fatiguent.
Je suis allé voir mon supérieur hiérarchique à l’époque et je lui ai expliqué le problème. Que je me sentais épuisé par toutes les situations tendues, les incompréhensions, le travail inutile et les interruptions. Que cela affectait mon bien-être et que je l’éviterai à l’avenir pour préserver ma joie de vivre. Je l’ai dit gentiment, poliment, avec tout le respect que je lui devais. Je lui avais même demandé la permission de m’exprimer librement. C’est vrai que s’il avait dit non, je l’aurais quand même fait. Il m’a regardé, tout dubitatif, mais bon, c’était son problème à lui. Alors faites pareil. Souvent, ce type de personnes ne s’en rend même pas compte tellement certains schémas de comportement peuvent être ancrés. Donc vous pouvez leur donner une chance en leur fixant vos limites.
Et si c’était vous ?
Il peut arriver que la personne épuisante, ce soit vous. Ah oui, vous pensiez que c’était toujours les autres ? Oui, vous qui lisez ces lignes. Après tout, vous êtes un être humain aussi, et cela n’exclut pas le fait que vous puissiez être la victime d’une personne épuisante et que vous le soyez aussi pour d’autres personnes.
La solution ? Vous devez fuir les autres. Laissez-les tranquilles. Posez-vous la question de savoir pourquoi vous faites ça. Pourquoi utilisez-vous les autres pour atteindre vos fins ? Pourquoi déchargez-vous votre mal-être sur vos proches et vos collègues ? Qu’est-ce qui a déclenché ce comportement nocif chez vous ? De quoi essayez-vous de vous venger ? À partir de quel moment dans votre vie avez-vous commencé à être ainsi ? Essayez de comprendre qu’ils ont aussi des besoins qui doivent être satisfaits, et vous n’avez pas le droit d’entraver leur chemin. Faites des efforts pour ne pas être une plaie pour les autres. Si vous n’arrivez pas à trouver des solutions, alors vous avez besoin d’aide. Allez voir un professionnel de la santé mentale.
Il est important de noter que ces traits ne sont pas toujours présents simultanément chez les personnes épuisantes. Et que leur intensité peut varier. Cependant, la répétition de ces comportements crée un climat toxique qui épuise les personnes qui interagissent avec elles. Alors soyez attentif. Et agissez avant que la situation ne soit grave et plus difficile à régler.
Dites-nous en commentaire si vous avez d’autres stratégies pour échapper aux personnes épuisantes.
Ce sont des stratégies que j’ai effectivement mises à l’épreuve, et ça marche !
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Perso, je n’aime pas quand on me rappelle une décision dans laquelle je suis engagé comme si je n’allais pas le faire. Ça m’epuise! Quand je fais, je ne rends plus compte. Je ne pense pas être épuisant parce que très souvent c’est moi qui évite les interactions.
Je vois. Dans l’article, interrompre est une chose, demander des comptes sur l’évolution du travail à des intervalles raisonnables est tout à fait normal. Aussi, éviter les interactions avec les autres peut être une forme de chantage émotionnel s’il y a des personnes souhaitent communiquer avec toi. Il faudra bien vérifier que ton éloignement ne fait de mal à personne de manière involontaire de ta part.
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