Lorsqu’on essaie de connaître quelqu’un, l’approche traditionnelle est d’identifier ses qualités et ses défauts. Ensuite on essaie de déterminer parmi ces traits de caractères ceux qui dominent chez lui. Il peut, en effet, faire passer son orgueil avant sa gentillesse. Il ne faudrait donc pas se méprendre sur quelqu’un d’orgueilleux qui est gentil quelques fois.
Nous avons traité ce sujet dans cet article:
Pourquoi vous vous trompez lorsqu’il s’agit de comprendre la personnalité des autres
L’une des façons de procéder que je préfère, c’est de faire des activités avec la personne qu’on souhaite connaître dans le monde réel ; la voir interagir avec d’autres individus en notre présence ; écouter ce que son entourage dit et voir comment notre sujet réagit.
J’ai recommandé à une de mes apprenties d’aller voir son gars jouer au « 2-0 ». Elle en profitera pour voir comment il se comporte avec les autres, comment il réagit lorsqu’on fait une faute sur lui ou lorsqu’il est victime d’une injustice d’arbitrage. En effet, voir à l’œuvre son courage, sa persévérance et son leadership aidera à le cerner. Toucher du doigt ses valeurs et ses failles. Écouter les : « Donc parce que ta nga est là, tu ramasses les ballons aujourd’hui ? » peut être mille fois plus révélateur que des heures à s’écrire sur WhatsApp, ce qui ne correspond même pas à une conversation de 6 minutes face à face.
En plus, une sortie avec ses amis à lui et ses amies à elle fera naître des dynamiques qui révèlent mieux le caractère que les éternels « dates » en tête-à-tête, où chacun pense être le réalisateur de son propre film et considère que l’autre postule pour être acteur, et vice versa. L’un pense sélectionner l’acteur pour jouer le rôle qu’il a prévu pour lui dans sa vie, et l’autre fait pareil. Au final on a deux films qui racontent des histoires divergentes.
Un autre moyen tout aussi intéressant pour cerner quelqu’un c’est d’identifier ses peurs.
De quoi avez-vous peur ? On va sauter l’étape où vous dites que vous n’avez aucune peur. Sautons aussi les phrases du style « le Seigneur est avec moi, je ne manquerai de rien ». Je peux comprendre. Je sais qu’on vous a mécaniquement appris à répondre de cette façon. Passons. Prenez quelques secondes. Répondez dans votre cœur. Personne ne lit vos pensées.
Les craintes qui induisent notre comportement peuvent être classées en 9 catégories. Je me suis inspiré de celles présentées dans le livre L’Ennéagramme de René de Lassus. Une pépite.
Les neuf en question sont :
- La peur de se mettre en colère.
- La peur de reconnaître ses propres besoins et du rejet.
- La peur de l’échec.
- La peur de la banalité.
- La peur du vide intérieur et de l’intrusion des autres.
- La peur de la déviance (désigne l’angoisse qu’un individu ressent à l’idée de s’écarter des normes, des valeurs ou des comportements établis par son groupe d’appartenance. Il peut s’agir de sa famille, l’entreprise dans laquelle on travaille, ses amis, la société ou encore sa religion).
- La peur de la souffrance et de l’enfermement.
- La peur de la faiblesse.
- La peur des conflits.
Si l’on peut admettre que nous avons déjà eu l’occasion de faire face à toutes ces peurs, il n’en demeure pas moins vrai que certaines en nous sont plus vivaces. Cette préférence varie d’un individu à l’autre, cela va de soi.
Chez certaines personnes, par exemple, la peur de l’échec est viscérale. Au point où cette peur les empêche de démarrer des projets pourtant indispensables. Par conséquent, même se fixer des objectifs peut devenir un véritable cauchemar. Ces personnes abandonnent aussi rapidement. Parfois dès l’introduction de simples apprentissages. « Et si j’échoue ? Tout le monde va se moquer de moi. Je serais fini, mort. Qu’est ce que je vais même devenir. Je suis un raté. »
Lisez également : Comment vous devez formuler vos objectifs pour les atteindre ?
Chez d’autres, la peur de reconnaître ses propres besoins est si profonde qu’elles donnent tout aux autres sans penser à elles-mêmes. Je connais une femme qui se saigne pour son entourage. Elle résout les problèmes des autres avec le peu de sous qu’elle gagne. Elle se prive parfois jusqu’à l’extrême. Les besoins des autres sont systématiquement une priorité pour elle. Malgré ses sacrifies, elle pense à tort que si elle reconnaissait ses besoins et qu’elle s’occupait d’abord d’elle, ce sera un acte de haute trahison envers les autres. Ensuite, il y a la peur du rejet qui y est fréquemment associée. C’est une double peine pour ces personnes. Elles craignent profondément de se faire rejeter si elles ne donnent pas jusqu’à la dernière goutte de leur sang.
Je ne parle même pas de la peur de la déviance, de décevoir ses proches ou de ne pas respecter scrupuleusement le dress code à un mariage.
Si vous avez des comportements et des attitudes que vous n’arrivez pas à vous expliquer, essayez de classer vos peurs. Commencez par votre plus grande crainte et ajoutez ensuite les autres.
Cette peur explique très souvent vos choix, vos décisions et votre comportement. Il en est de même pour les personnes de votre entourage. Vous pourrez aussi développer un bon sens de l’écoute et de l’empathie si vous arrivez à identifier les craintes des autres pour améliorer la qualité de vos relations.
Si vous avez un ami qui a peur des conflits, vous saurez pourquoi il fuit les situations dans lesquelles il peut perdre le contrôle. Attention, sa peur a de faibles chances de disparaître du jour au lendemain, il faudra d’abord trouver un moyen de vivre avec. Vous comprendrez aussi pourquoi certaines personnes ont une envie irrépressible de se faire voir, de s’afficher, de se montrer en train de faire des choses qui en mettent plein la vue même si ce n’est pas la réalité. C’est probablement la manifestation d’une peur profonde de la banalité.
Dites nous en commentaire, le chiffre de votre plus grande peur, celle qui guide l’essentiel de votre attitude. Et vous pouvez classer les autres de la plus grande à la moins forte.
Nous ferons une série d’articles pour apprendre à mieux se connaître en partant de ce premier diagnostic.
2- La peur de reconnaître ses propres besoins et du rejet
Mieux comprendre une personne ou soi-même en identifiant ses peurs… Voilà une approche pertinente. En faisant un exercice sur moi-même, je découvre 2 ou 3 trucs qui étaient pourtant sous mon nez depuis longtemps. Je pense que je devais d’abord aller lire le livre mentionné au début de l’article.
C’est une très bonne idée. Le livre ira beaucoup plus loin dans le processus. Ceci n’est qu’une première piste à suivre. Du courage.
Numéro 4 :La peur de la banalité
Bien. Sur cette base tu comprends ce qui guide tes actions la plupart du temps. Il faudrait cependant ne pas vivre seulement ses craintes. Explore d’autres pistes, accepte que parfois tu le seras, mais que ce n’est pas une si mauvaise chose.
6 et 9
C’est déjà bien de le reconnaitre. Tu peux garder ses craintes sur le même rang. Tant que ça permet que tu comprennes un peu mieux se qui guide ton attitude. La suite dans un prochain article.
Merci une fois de plus pour cet article.
Peur de l’échec
On se sent tout de suite mieux quand on se comprends un peu plus.